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Sense And Sensibility (Collector's Edition)
[1996]

Starring: James Fleet, Tom Wilkinson, Harriet Walter, Kate Winslet, Emma Thompson
Director: Ang Lee
Format: Collector's Edition Colour Dubbed PAL Widescreen
Released: 06 Feb 2006
RRP: £12.99
Average Rating:


Customer Reviews

So marvellous - By: Cuné, 07 Feb 2008
J'avais terriblement envie de revoir le film réalisé par Ang Lee, sorti le 28 Février 1996. Ca fait maintenant quelque chose comme six ou sept visionnages, en français, en VOST, en VO pure, et avec les commentaires audio, plus les scènes coupées, bref, 2h15 à chaque fois de pur bonheur, je ne m'en lasse pas.(Ce que fan veut dire...)

Pour les amoureux de Jane, voici un long (très long) billet reprenant quelques points soulevés dans les commentaires audio assurés par Emma Thompson et la productrice Lindsay Doran.

L'écriture

Il faut savoir que ce film est une histoire qui vient de loin, à l'époque où Lindsay Doran regardait le show télévisé d'Emma Thompson (inédit en France); elle y a fait un sketch victorien fort drôle, et connaissant son amour pour Jane Austen, elle a eu l'idée de lui demander d'écrire l'adaptation cinématographique de ce roman. Quand elle l'avait lu, alors qu'elle était toute jeune, elle avait en effet trouvé que certaines scènes étaient particulièrement faites pour être vues à l'écran, et elle savait qu'Emma saurait ne pas trop coller au roman, n'être pas "trop respectueuse", apporter sa propre touche. Celle-ci, cependant, avait une préférence pour "Persuasion", et pensait que S&S était le moins moderne des romans de Jane Austen, avec des dialogues vieillots et des héros masculins peu fascinants (Darcy n'était pas encore né de sa plume). A l'époque où tout a commencé, en plus, Jane Austen n'était pas encore redevenue "à la mode", les adaptations étaient rares.
Emma Thompson se lance néanmoins, et son travail d'écriture durera quatre années entières. A ce sujet, elle déclare, avec l'expérience acquise au moment où elle enregistre ces commentaires audio (1999), que le premier jet contient souvent l'essentiel du scénario (le second est en général à jeter immédiatement :o)). Elle compare cela à un grain de sable, qui se met dans la tête, comme pour l'huitre. Chaque nouvelle version est ensuite une couche de nacre, on ajoute vraiment couche après couche. Et la perle.... demande plusieurs couches !


La touche Emma Thompson

C'est une accumulation de petits détails destinés à "rendre Austen" sans en être. "Quelque chose qui tienne suffisamment d'Austen pour ne pas se remarquer".
Par exemple, chez Jane Austen il n'y a jamais de scène où deux hommes discutent entre eux, tout simplement parce qu'elle ne connaissait rien à leurs conversations. Or ici, le colonel Brandon et Sir John Middleton sont de réels bons amis.
Dans le roman, il y a moult revirements, départs, retours, qui ne pouvaient être insérés en 2h15 de film. Il était donc important de faire sentir, autant que possible, combien la vie des femmes de l'époque était faite d'attente et de désirs réprimés. Elles passaient leur vie à attendre, il leur était tout à fait impossible de rendre elle-même une visite à l'élu de leurs pensées, par exemple. Il leur falllait attendre, apprendre les mauvaises nouvelles (souvent en public) de la mauvaise manière, ne rien montrer, endurer.
Et c'est aussi ce en quoi Marianne est une héroïne très moderne, elle n'a cure des conventions et se laisse toute guider par ses emballlements. Ainsi, elle écrit en pleine nuit à Willoughby après la scène du bal, chose totalement inconvenante. Ou elle se lève en plein repas pour couper court aux taquineries de Mrs Jennings, ou encore elle demande tout ingénument à Willoughby lorsqu'elle le retrouve au bal de lui serrer la main. C'était l'époque où les femmes venaient tout juste d'obtenir ce droit, la poignée de main, mais c'était loin d'être rentré dans les moeurs.
Il était important aussi de faire passer le caractère évaporé de Mrs Daswood, qui ressemble beaucoup plus à Marianne dans son caractère qu'à Elinor. Charge à cette dernière donc de se montrer encore plus mature, plus responsable dans cette famille.
Ou de supprimer des personnages tout en en étoffant d'autres, comme la soeur de Lucy qui n'apparait pas dans le film ou Margaret à qui l'on fait dire les choses ingénues permettant d'avancer dans l'histoire, ou qui permet, avec la merveilleuse scène de l'Atlas, de faire comprendre le caractère d'Edward : droit, drôle, gentil, coincé.
Réussir à montrer l'ennui sans ennuyer, faire ressortir la drôlerie de chaque situation "L'ironie est la base de Jane Austen".

Et puis des anecdotes de tournage savoureuses.

Le tournage a duré 13 semaines, 5 jours sur 6. "Les gens veulent seulement savoir quand les chevaux pètent" s'esclaffe Emma Thompson. Le cheval noir que montait Alan Rickman avait un tout nouveau régime à base d'avoine qui lui occasionnait des aérophagies monstrueuses. Lors de la scène toute sérieuse où il fait l'éloge de l'impulsivité, chaque moment dramatique était ponctué de pets tonitruants... Ou encore on le voit s'éloigner sur sa monture presque en grand écart, le ventre du pauvre cheval était totalement dilaté par les gaz... (Dans la même scène, on peut apercevoir des gens sur la plage, au loin. Ils ont échappé à la vigilance...)
Ang Lee manquait quelque peu de diplomatie dans sa direction d'acteurs, et ne cessait de lancer à Emma Thomson "Not so old & boring" Pan !
Lorsqu'une classe de lycéens avait visionné le film, ils s'étaient également exclamé en choeur "mais pourquoi avoir choisi une actrice qui pourrait être la mère de Hugh Grant ?" Pan ! (Elle a un an de plus que lui).
Le prix préféré d'Emma Thompson : celui remis par une organisation chrétienne pour avoir un protagoniste destiné au barreau et qui préfère le clergé....
Une fête de fin de tournage mémorable, avec une chanson interprétée magistralement, sur l'air d'Angie des Stones : "Ang Lee, Ang Lee, when do this film will come to end"...

Le choix des acteurs :

J'ai bien entendu bu du petit lait en entendant les commentaires sur Hugh Laurie. Ils sont peu nombreux, mais tellllement justes :) On peut les résumer par ce : "He's so great" ou encore "Une prestation formidable". C'est un Monsieur Palmer très Monsieur Palmer, abrupt mais qui se révèle beaucoup plus noble qu'on ne pouvait le penser dans l'adversité. Il a épousé Charlotte pour sa rente, et on peut voir dans sa désespérance ironique ce qui attend Willoughby.
D'une manière générale, j'adore le casting, je trouve que tous les acteurs sont justes et très bien choisis... à une exception près : Lucy Steele. Je trouve qu'Imogen Stubbs dégage une certaine perversité (Emma Thompson lui trouve "le regard innocent", je ne parviens pas à lui trouver du charme, ce n'est pas la Lucy de ma propre lecture.
La Jane Austen Society dans un premier temps ne voulait pas de Hugh Grant pour le rôle d'Edward : "trop beau !" Mais le rôle avait été complètement écrit pour lui, dès 1992, bien avant 4 mariages et un enterrement et qu'il soit aussi connu que disons.... Dieu, dit Emma Thompson.
Kate Winslett voulait absolument le rôle. Elle avait 19 ans, en a déclaré 25, et avait la maturité de 35, selon Emma Thompson.
D'Alan Rickman elles déclarent "Alan serait mystérieux en laitier".


Le réalisateur

Dans leur recherche initiale, la production ne voulait surtout pas d'un réalisateur qui ferait "un petit film anglais". Ils voulaient quelqu'un qui s'intéresse aux histoires de famille, quelqu'un qui en ferait une histoire humaine. Ang Lee les a comblés en tous points.
Ils ont été éblouis par son rapport oriental à l'esthétisme (des images très "couleur Vermeer").
Par exemple dans la très amusante scène de la tasse de thé : 3 portes, 3 personnes qui les claquent en pleurant, et Elinor qui s'assoit, dépitée, sur les marches pour boire le thé qui était destiné à Marianne, le tout filmé en plongée, avec le marron du thé au lait dans la tasse bleue, le marron de la coiffe et les murs bleus...
Un champ, particulièrement, est le symbole de la raison et des sentiments, dans le domaine des Palmer quand Marianne part sous la pluie : il est divisé en deux parties par une haie en diagonale sur une colline.
Petit cafouillage dans les débuts de leur collaboration, car en bons acteurs anglais, Emma Thompson et Hugh Grant ne cessaient de proposer différentes options d'interprétation; or, pour un taïwanais, c'est un outrage incroyablement grossier quand un acteur se permet de discuter la mise en scène. Il a falllu moult lettres d'excuses et d'explication !

Le petit plus culturel

Savez-vous d'où vient l'expression "Faire de l'oeil" ? En fait, à l'époque, pour saluer quelqu'un on effectuait une petite courbette, et l'usage voulait, lorsqu'on était courbé, qu'on relève les yeux avec une lueur cordiale, pour souhaiter tout simplement la bienvenue !
A cette époque, le port de la perruque était en vigueur. Remercions bien bas qu'on en ait malgré tout exempté nos héros masculins ! (Sauf les personnes âgées).


Le petit plus sympathique

"C'est vraiment un film de filles" s'exclame Emma Thompson alors qu'elles reniflent à qui mieux mieux pendant la scène où Elinor informe Edward du don du colonel Brandon. Je trouve ça génial, après avoir bossé des années sur ce film, à le connaître plus que par coeur, qu'elles se fassent (tout comme moi) encore cueillir par l'émotion. D'ailleurs, sur cette scène précise, même pendant les répétitions Emma Thompson pleurait.


La scène où les hommes pleurent

Lorsque le colonel Brandon est en train de se retirer de la pièce, après avoir emmené au chevet de Marianne sa mère, et qu'elle le rappelle en le remerciant. L'espoir qui nait dans ses yeux... C'est le Cendrillon masculin !

La scène où je pleure

Plan en plongée, musique, Marianne se meurt; Elinor lui étreint les jambes et supplie "Je peux tout endurer sauf ça, ne me laisse pas seule" regard totalement paniqué. La solitude extrême de ces femmes....
Ex-aequo avec l'épilogue, "alors.... vous... n'êtes pas marié ?" (blanc) "Non..." (elle lâche tout. : sanglots hystériques, envie de rire et pleurer à la fois, explosion d'émotions. Moi aussi).


Au final, c'est une adaptation merveilleusement réussie, qui donne envie de se replonger illico dans le roman pour traquer les différences, pour revoir d'un oeil neuf la prose magique de Jane Austen.


Austenmania is well-served here, but are these productions missing something? - By: cathy earnshaw, 23 Dec 2007
Sense & Sensibility, directed by Ang Lee with a screenplay written by Emma Thompson, made up one part of the holy trinity of Austen productions which aired in 1995. That crowning year for Austenmania began with the BBC production of Persuasion in April 1995 (starring Amanda Root & Ciáran Hinds), followed by the impeccable BBC version of Pride & Prejudice (starring Colin Firth & Jennifer Ehle) in September & October, & was capped off in mid-December by this film version of Sense & Sensibility. Emma Thompson's much-praised screenplay (for which she won an Oscar & a Golden Globe) straddles the difficult divide between pleasing the community of Jane Austen purists & making the 1811 novel appealing to a wider audience of cinema-goers with a bent for romantic drama. The dialogue & mannerisms are modernised a little, but not to the absurd degree displayed in Joe Wright's weak adaptation of Pride & Prejudice in 2005 (which has a miscast Keira Knightley in the lead role).

In the novel, Austen counsels us once again towards rational love & shows the dangers of Marianne's self-blinding, guileless abandonment to passion (played by a pre-Titanic Kate Winslet in tight, corkscrew ringlets). Many Brigid Jones fans will undoubtedly be able to identify with her uncontainable romanticism & headstrong devotion to following her feelings irrespective of what someone like Elinor (Emma Thompson) - steady, reserved & so mature, she's almost dull - might think. And so it is that the one sister is able to learn something crucial from the other: Marianne is forced by circumstance to realise the near-fatal risks of passionate devotion to someone of whom she has only an impression, rather than true knowledge; & Elinor, sobbing like a human Niagra Fallls at the close, that an excess of emotional repression can be devastatingly misunderstood as the absence, rather than secrecy, of love.

In terms of doing what it says on the tin, the film cannot reallly be faulted (although you have to like Hugh Grant's routinal foppish inarticulacy to buy him in the role of Edward Ferrars). But I can't escape the feeling that something is lacking in some of these safe, 'suburban' period dramas. What marks Jane Austen out as a genial writer is the sparky high irony with which she tells her social dramas. And the key problem that adaptations of her novel face is: how to convey her idiosyncratic voice? Don't these rather academic productions bypass that problem by reproducing Austen's narrative as closely as possible whilst only half-heartedly addressing the difficult question of voice? Can very efficient & safe filmmaking like this genuinely reproduce Austen's deft irony?

The market for films emanating a nostalgia for the high morals, manners & decorum of England's Regency period has mushroomed. The question now, twelve years after these versions were first released, is whether filmmakers are prepared to consider new ways of interpreting these novels and, in doing so, to challlenge & push viewers beyond nostalgia & their comfort zone to a new, & perhaps deeper, understanding of Austen's timeless classics.
Sensational - By: A reader, 10 Nov 2007
I must admit I was put off watching this for many years because I have never been a fan of Emma Thompson, Kate Winslett or Hugh Grant & the fact that alll three were in it was a definite turn off. I finallly watched it one rainy windy afternoon when there was nothing worth watching on tv & was captivated. Fine acting, fine script, beautiful costumes, wonderful settings - well worth watching & I'm sorry I didn't do so sooner. One of the few examples of a film living up to the book.
Faultless. - By: S. Thomson, 03 Nov 2007
The magic of the movies alllows a story of no obvious relevence, to touch your soul.
The triumph of sense & sensibility being the delicate & acutely observed range of emotion in a period setting.
The cast illustrating the gift of an actor who can lift a character from the page & render them in a truely memorable film.
I love this film, you've got to watch it.
Looks on tempests but never shaken...... - By: Susan E. Wyld, 17 Oct 2007
This is a truly delightful adaptation. Fron the beginning it captures the atmosphere & spirit of the era with a good script, excellent costmes & beautiful settings. Quite a lot of the dialogue has been plucked directly from the pages of the novel, & most of that which hasn't has been written so closely to Austen's style that it sounds like it should be Austen.

The cast are alll excellent (with one exception, which I will come to). Kate Winslet is perfect as the beautiful, emotional Marianne, Alan Rickman is strong & passionate as Colonel Brandon & Elizabeth Spriggs shines as jolly but interfering Mrs Jennings. Hugh Grant makes a suitably shy & sedate Edward Ferrars, Greg Wise plays the perfect rogue as Willoughby & the supporting characters, including the hilarious Imelda Staunton & Hugh Laurie, alll fit around them perfectly. Several of the other minor characters have been cut, in order to fit the story into a 2 hour film, but it remains fairly faithful to the book & nothing of importance is lost.

The only "odd one out" is Emma Thompson, who is too old for the part of Elinor & sadly this shows. Although she does a good job for the most part, her acting during the dramatic scenes where she finallly admits her feelings for Edward to Marianne, & later when she & Edward finallly get together, is very stilted. On the plus side, there is great chemistry between alll the characters & the placing of Elinor as the "sensible" one & "mother" of the household is spot on. I also like the friendship which we see develop between her & Colonel Brandon.

The real star here of course is Kate Winslet, who completely steals the show as Marianne & will have you crying with her in despair over Willoughby as she makes the emotional transition from girl to woman.

Other particularly delightful moments to look out for are Fanny Dashwood pushing a shocked Lucy Steele out of the doorway by the nose & Greg Wise on horseback in the rain.